Aujourd'hui, vendredi 7 juillet 2006, je suis gai comme un pinson... lundi, j'ai un travail...
<klaxon>tuuuuuut </klaxon>
Depuis quelques jours, vous m'avez peut être vu jouer claimID ? Un simple site web qui vous laisse gérer votre identité en ligne. Basiquement un moyen de dire, “ça c'est tout moi, ça ce n'est pas moi”.
En un sens, ce peut être considéré comme un premier petit pas dans la grande bagarre du "Search" et de l'imposante domination de Google. Si vous faites une recherche sur vous-même, les chances sont plutôt élevées que tout un paquet de liens affichés ne proviennent pas de vous. Vous pourriez même trouver des liens déplaisants à votre propos voire des liens provenant de sites qui aspirent ou détournent vos contenus dans un contexte que vous ne maîtrisez plus. Après quelques traductions en cours du service claimID, je commence à comprendre que l'idée de ce service claimID est de mettre fin à tout ça. Ainsi, je vous prie de m'excuser si je nomme ce lien Christophe Ducamp pour un peu d'Egoboosting/search dans ce Googlejuice.
Mais est-ce que claimID est vraiment utile ? Je veux dire par là que je pourrais me contenter de mettre toute l'information ici sur ce site ou sur l'un de mes nombreux autres sites expérimentaux (blogs, blikis, réseaux sociaux...). Depuis 2001, j'ai pris l'habitude de me promener sur une grande variété de sites pour y laisser quelques "empreintes digitales" : une production de liens vers Flickr pour mes photos, un nuage de signets sur del.icio.us, quelques humeurs du jour sur un wikiblog, quelques milliers de pages sur les communautés-wiki, quelques traductions sur ce site et sur des wikis anglo-saxons, des commentaires sur divers blogs et forums, des profils sur les plateformes de réseaux sociaux, des billets dans des listes de discussion, sans oublier des expériences plus étranges et plus récentes sur les blikis.
ClaimID vise à rassembler votre identité atomisée
Oui, j'ai le défaut d'être curieux, de mener trop d'expériences sur différents endroits. Résultat des courses, une identité atomisée et éparse dans les petits chemins sauvages de l'hypermédia. Et l'image renvoyée par les moteurs n'est absolument pas cohérente avec l'image de l'identité que j'aimerais pouvoir laisser paraître, que ce soit pour ma famille, mes amis, mon futur employeur ou qui que ce soit.
Telle est la raison pour laquelle je trouve ce projet claimID vraiment utile et attirant. A titre personnel, outre mon nouveau statut de salarié à venir, voilà un bon moment que j'avais la volonté de rassembler une identité. Vous êtes-vous déjà interrogé comment votre identité est embarquée dans votre site web, votre blog ? Est-il judicieux de rester anonyme sur la toile ? De mon point de vue même si j'ai beaucoup utilisé le pseudo "xtof" comme un alias pour signer plus vite dans quelques communautés, je savais que ce pseudo était une identité pseudonymique associée à mon vrai nom. Et je demeure toujours un défenseur de l'usage du vrai nom (sauf cas particuliers) pour s'exprimer en ligne. Une fois de plus ici, mon vrai nom apparaît en tête de cette page !
En ligne, on raconte que les employeurs sont méfiants à l'égard des blogueurs parce qu'ils peuvent révéler des secrets, prennent un malin plaisir à faire partager les saynètes de bureau vécues de l'intérieur, osent se plaindre de leurs supérieurs hiérarchiques, des produits, des processus etc. Bien des cas qui ne méritent en aucune manière d'être liés ici mais savent toujours de grandes causeries.
Etant amené après plus de dix ans passés à mon compte à sauter dès lundi matin de l'autre côté de la barrière, je crois toujours aux vertus du cluetrain manifesto et compte dans la mesure où cela sera possible poursuivre quelques travaux d'écriture en gardant une conscience professionnelle. Soyons sérieux, cela relève de la responsabilité personnelle de tout salarié que de savoir appréhender un contexte et juger de ce qui relève de l'intimité corporate avec ce qui doit pouvoir s'épancher sur le web public.
Salarié et blogueur ?
L'entreprise que je suis ravie de rejoindre lundi prochain n'a - à la limite de ce que connais - pas établi quelque charte d'expression sur l'internet public. Aussi, même si je continuerai à conter ci et là quelques humeurs du jour, je m'engagerai toujours à ne décrire ni ne citer personne n'appartenant pas au web public sans avoir recueilli quelque permission préalable. Dans le passé, j'ai souvent écrit à propos de vrais personnes ou grosses entreprises. Des citations ad hominem, tant pour louer que pour exprimer quelques griefs qui me paraissaient justes et fondés en rapport avec ma situation de travailleur indépendant. Des situations où le web m'a clairement permis de pouvoir négocier, d'accélérer la résolution de problèmes et de recouvrer des créances dûes. J'étais indépendant, de ce fait libre et responsable de mes propos que j'ai toujours assumés et rarement retirés sous la pression. Depuis 2001, j'ai appris à domestiquer la bête et même si j'ai sûrement fait des erreurs de jeunesse (que je vous invite à me signaler en commentaires si vous en retrouvez dans la cachette Google !), je me sens désormais tout à fait à l'aise pour trouver le juste ton qu'il faudra pour cette nouvelle configuration sociale.
Accord de non divulgation
Mon futur employeur sait que j'ai des sites disséminés ci et là. Etant amené à prendre des responsabilités dans le domaine de l'internet, il n'a ainsi pas semblé m'en avoir tenu rigueur dans le processus de sélection. J'ai toujours écrit avec un vrai nom, c'est un choix délibéré et ne compte jamais avoir recours au pseudo pour m'épancher. Mon disclosure agreement est public et je considère l'internet comme un moyen de produire de vraies relations solides dans le vrai monde, un moyen de poser des questions et d'y trouver des réponses, un moyen d'avouer des erreurs qui font partie de l'apprentissage et permettent aux autres de ne pas les réitérer. Autant que faire se peut, je suis toujours resté et resterai humain, je serai réservé sur les citations qui pointent d'autres humains. J'ai acquis une connaissance et compte continuer à apprendre. Je restituerai ce qui pourra relever du restituable dans le respect de mon futur contrat de travail. Pour finir, le web m'a permis de faire de l'auto-promotion sur mes compétences et j'en remercie ses concepteurs. Cela a fonctionné. Toutes ces raisons font que je compte bien ne pas trop changer mes habitudes même si le temps sera un facteur plus limitant de production.
Le bilan après cinq années d'écriture sur le web est très positif. Acquisition de connaissance, de petits points virtuels de réputation. Les employeurs, partenaires et divers donneurs d'ordre m'ont bien souvent déniché via les moteurs de recherche. Et globalement, j'ai de la chance de ne pas avoir trop de liens déplaisants (si vous en trouvez j'aimerais les contextualiser !) sur les 94 600 résultats renvoyés sur une simple requête sur mon vrai nom. C'est inéluctable, les moteurs contribueront de plus en plus à façonner votre identité en ligne et je doute désormais que beaucoup de recruteurs ou DRH puissent se dispenser d'une vérification basique d'un Google Search sur leurs candidats.
Presque tous vos écrits sur le web public sont archivés...
Considérons globalement nos empreintes numériques comme indélébiles. Dans les wikis on parle souvent du PardonnerEtOublier. Si vous avez un blog, si vous écrivez sur wiki ou si vous disposez de quelques mètres carré numériques sur MySpace, sachez que les propos et l'identité que vous y avez laissés sont désormais vissés dans le réseau. Et d'un autre côté, le phénomène du blog - et plus largement des conversations en réseau - est devenu si massif qu'il sera difficile pour un employeur de se refuser à embaucher un candidat affichant quelque forme de présence en ligne.
Ainsi à cette heure, c'est ce qui m'amène à jouer et souhaiter la bienvenue à claimID. Avec claimID, je devrais pouvoir retrouver un certain degré de contrôle sur la nature de l'information que les gens (sérieux) trouveront à mon propos.
... Et ce qui est trouvé manque de contexte.
Généralement, si vous cherchez quelque chose dans Google, il y a peu de contexte. Par exemple, quelqu'un cherchant quelque chose sur l'internet pourrait croiser l'un de mes billets ou une page d'un wiki écrite il y a trois ans, et c'est tout ce qu'il verra de moi... Aucun contexte. C'est pauvre. Il ne pourra pas imaginer que ce billet n'était qu'un petit morceau parmi une dizaine de milliers de pages que j'ai pu laisser ci et là. Nous en avons aussi beaucoup parlé, beaucoup de wikis nettoient aussi l'espace-temps. Et mon opinion a pu changer depuis. Il m'est arrivé de me fâcher, d'afficher mes doutes, des humeurs troublées durant certaines périodes creuses. Comment restituer le contexte ? En outre, j'ai des homonymes sur la toile, aussi comment faire savoir au lecteur que ce n'est pas "moi" ? Et que penser du CocktailContexte qui peut être pratiqué à votre insu ?
Vous trouverez une description plus fonctionnelle du service claimID sur cette page de travail. J'espère ainsi ces prochains jours, tenter d'influencer les moteurs de recherche en ramenant une bonne indexation à ma page claimID. Dès dimanche, je la mettrais à jour avec le nom de mon futur employeur et souhaite qu'elle puisse se hisser rapidement dans les premiers résultats pour toute recherche sur mon vrai nom. Je compte faire que ce soit la première invitation à cliquer sur bon nombre de pages ramenées par les moteurs. Et aussi la transclure pour mieux maîtriser mon identité sur les sites wiki que j'ai pu fréquenter à l'épopue et que je peux encore mettre à jour.
Oui je trouve l'idée de ces étudiants vraiment simple et astucieuse. Compatible avec la volonté de faire adoper au plus grand nombre ces fameux microformats. Durant mon futur temps de loisir, j'aimerais aider Fred à localiser en français l'interface de son produit. Si vous voulez aider le projet claimID, le site de travail est ouvert à tous.
Désolé d'avoir été aussi long mais trop peu de temps pour faire plus court !
<code>klaxon</code>

