Plus besoin d'argent pour payer ses consommations dans une boîte de nuit de Barcelone. Une puce RFID greffée dans un bras fait l'affaire. En attendant d'être appelée à d'autres usages sur lesquels veillent fortement nos plus gros organismes de crédit.
Pas plus grosse qu'un grain de riz, la puce RFID fait son apparition dans une discothèque tropicale. Un des premiers usages révélés ce week-end par Libération dans un article complet à lire sur le site de Libération.
Du code-barres de supermarché
En soi, la VeriChip n'est pas vraiment une nouveauté. Ce minuscule objet en verre de 12 mm de long, et 2 mm de large enserre une puce d'une mémoire de cinq kilobytes. «Pour l'instant, elle ne contient qu'un numéro d'identification. Mais on peut y stocker davantage d'informations», précise Conrad Chase, bombardé distributeur en Europe de cette puce sous-cutanée (1). La VeriChip appartient à la famille des appareils d'identification à fréquence radio, en anglais les RFID. Commercialisée par une entreprise américaine basée en Floride, ADSX Inc., elle est déjà utilisée à des fins médicales ou sécuritaires assurent ses promoteurs : pister des malades atteints d'Alzheimer; garantir l'identification du personnel dans des lieux d'accès limité, tels des sièges de société. «La VeriChip n'est pas un émetteur de données. Elle ne s'active que si elle est sollicitée par un scanner spécifique. Cela s'apparente davantage au code-barres d'un produit de supermarché», explique par téléphone Keith Bolton, directeur de VeriChip Corp., filiale d'ADSX. «Je veux étendre son utilisation à la vie quotidienne», dit Conrad Chase.
Et selon Philippe Lemoine (membre de la CNIL et coprésident des Galeries Lafayettes), l'enjeu à terme sera de coder 100 000 milliards d'objets. Philippe Lemoine rappelle que le principe de la radio-idenficication n'est pas nouveau puisqu'il a été utilisé pour la première fois pendant la Seconde Guerre Mondiale par la RAF pour identifier des appareils en vol.
En deux mots, la RFID c'est aujourd'hui une étiquette miniature en silicium ou un cuivre qui intègre trois fonctionnalités :
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mémoire de grande capacité organisée autour d'un micro-processeur
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dispositif de lecture sans contact grâce à une antenne d'émission à distance
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un mécanisme de production d'énergie par les réactions du bobinage de l'antenne à la traversée du champ électrique
L'avantage de ce dispositif est qu'il est économique, n'a pas besoin de piles et reste éternel ! D'ici peu on parle d'atteindre un coût de 10 à 20 cents de dollars d'où son intégration dans des usages aussi gadgets que la puce de boîte de nuits, l'identification de vos bagages animaux ou voitures, le repérage pour une meilleure traçabilité des billets de banque voire la contrefaçon de médicaments grâce à l'utilisation du RFID dans l'emballage.
Philippe Lemoine doté de ses deux casquettes (marchand et protecteur de nos intérêts) nous met en garde la protection de la vie privée : nous avons déjà parlé des abus du CRM/RFID (démasquage du chaland qui devient moins anonyme avec sa puce). Très beau progrès, mais comment éviter les dérapages du marketing cybernétique face aux partisans acharnés du progrès.
Pour en savoir plus, on pourra lire les articles :
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"Bienvenue à l'ère du marketing cybernétique" de Michel Dumais - sept 2003 À peine annoncés, mais aussitôt décriés par les associations vouées à la défense de la vie privée et de la protection des données personnelles, les systèmes d'identification par radiofréquence sont là pour longtemps. Heureusement, malgré le silence de l'État, la majorité des intervenants semblent disposés à discuter des impacts de cette nouvelle technologie.. (superbe webographie)
- Rfid Chips EveryWhere - Roland Piquepaille (...)At less than 10 cents a piece in bulk, RFID tags are fast approaching a price point that makes them a viable replacement for bar code stickers. First, though, they'll have to run the same gauntlet that UPC bar codes did: Privacy gurus and paranoids alike have already declared RFID the latest incarnation of Big Brother.(...)
- Cheaper Radio Tags
3M développe des puces d'identification à radio-fréquence qui pourraient être très bon marché afin de les intégrer dans les bouteilles de shampooing, canettes de soupes ou tout autre produit de grande consommation. Source: MIT Technology Review, July/August 2004
